{"id":1745,"date":"2015-11-04T22:07:53","date_gmt":"2015-11-05T03:07:53","guid":{"rendered":"http:\/\/cvsyc.eddypmartin.webfactional.com\/?p=1745"},"modified":"2021-02-28T16:50:29","modified_gmt":"2021-02-28T21:50:29","slug":"la-construction-du-port-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cvsyc.ca\/fr\/la-construction-du-port-2\/","title":{"rendered":"La construction du port"},"content":{"rendered":"<p>Les 16 premiers \u00abGraduate\u00bb ainsi que les autres d\u00e9riveurs l\u00e9gers \u00e9taient gar\u00e9s sur des pontons, \u00e0 raison de deux bateaux par ponton, dans la zone pr\u00e9sentement r\u00e9serv\u00e9e aux bateaux de l\u2019\u00e9cole de voile des jeunes. Cet arrangement \u00e9tait satisfaisant pour des d\u00e9riveurs l\u00e9gers, mais, vers 1964, il devint \u00e9vident que l\u2019acquisition de quillards n\u00e9cessitait la construction d\u2019un nouveau port.<\/p>\n<p>Par chance, le niveau de l\u2019eau \u00e9tait tr\u00e8s bas \u00e0 la fin de la saison de voile 1964 et on voyait \u00e9merger un \u00eelot long et \u00e9troit dans les eaux peu profondes faisant face \u00e0 la capitainerie.<\/p>\n<p>Le mat\u00e9riel que les bulldozers avaient repouss\u00e9 ne pouvait \u00eatre mieux adapt\u00e9, car il \u00e9tait constitu\u00e9 d\u2019argile \u00e9paisse et de gros galets. L\u2019argile rendait la jet\u00e9e \u00e9tanche et les galets lui donnaient du poids et de la r\u00e9sistance contre les vagues. La jet\u00e9e s\u2019ensemen\u00e7a lentement d\u2019elle-m\u00eame au cours des ann\u00e9es subs\u00e9quentes comme le montrent les photos d\u2019\u00e9poque sans arbre ni herbe. Le printemps suivant, on utilisa une grue \u00e0 benne tra\u00eenante pour d\u00e9gager l\u2019entr\u00e9e actuelle du port. Le club devait ensuite d\u00e9penser 4 400$ pour approfondir le chenal d\u2019entr\u00e9e \u00e0 la drague. Heureusement que la moiti\u00e9 de cette somme a pu \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 une subvention du minist\u00e8re des Travaux publics du Canada.<\/p>\n<p>On comble la br\u00e8che<\/p>\n<p>C\u2019est Russ Park, responsable\u00a0des b\u00e2timents et terrains en 1965 et Commodore en 1969, qui a pr\u00e9par\u00e9 le compte rendu de la construction du pont pi\u00e9tonnier.<\/p>\n<p>Quand le nouveau port a \u00e9t\u00e9 construit en 1964, les r\u00e8glements provinciaux stipulaient qu\u2019il fallait conserver du courant le long de la terre, ce qui voulait dire dans notre cas, qu\u2019un chenal devait \u00eatre am\u00e9nag\u00e9 entre le stationnement et la jet\u00e9e que nous avions form\u00e9e. On avait construit d\u2019abord un pont flottant temporaire qui servait \u00e9galement de quai. Il partait de la rampe de lancement pour aller rejoindre la jet\u00e9e comme le montrent les photos de l\u2019\u00e9poque, mais ce n\u2019\u00e9tait pas satisfaisant. La passerelle qui reliait ce pont flottant \u00e0 la jet\u00e9e avait \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e trop \u00e0 pic et difficile \u00e0 utiliser. Certains avaient peur de l\u2019utiliser tandis que d\u2019autres ne se rendaient pas \u00e0 la jet\u00e9e sans se mouiller ! Le co\u00fbt d\u2019un pont pi\u00e9tonnier entre le stationnement et la nouvelle jet\u00e9e \u00e9tait estim\u00e9 \u00e0 environ $5000.00; la caisse \u00e9tant presque \u00e0 sec, il n\u2019en \u00e9tait pas question.<\/p>\n<p>Telle \u00e9tait la situation en ao\u00fbt 1965. Russ Park \u00e9tait en vacances et il en profita pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce probl\u00e8me. Sa premi\u00e8re id\u00e9e fut d\u2019obtenir quelques grands colombages de la Colombie-Britannique, de 75 pieds de long, esp\u00e9rant pouvoir en trouver dans une cour de d\u00e9molition de la r\u00e9gion de Montr\u00e9al, ce qui fut toutefois sans succ\u00e8s. Mais un jour, en passant devant l\u2019usine de Dominion Bridge, il s\u2019\u00e9tait rappel\u00e9 que le g\u00e9rant g\u00e9n\u00e9ral \u00e9tait son vieil ami de Winnipeg, un certain Bob Reid. Russ expliqua son probl\u00e8me \u00e0 son vieux copain puis celui-ci s\u2019informa du budget dont disposait le club. Quand il sut la v\u00e9rit\u00e9, Bob r\u00e9pondit : \u00ab vous avez certainement un probl\u00e8me, mais je vais vous envoyer un de mes experts pour \u00e9valuer la situation. Il sera sympathique \u00e0 votre cause, car il est lui-m\u00eame un plaisancier et vient de se construire une vedette. Son nom est Ross Chamberlain\u00bb.<\/p>\n<p>Ross finit par trouver deux poutres d\u2019acier dans la cour de ferraille de la Dominion Bridge. Elles provenaient du pont Victoria d\u2019o\u00f9 elles avaient \u00e9t\u00e9 retir\u00e9es lors du rehaussement requis par la voie maritime. Il fit un plan pour un pont de 72 pieds de port\u00e9e, appuy\u00e9 \u00e0 chaque bout sur des coffres. Le projet fut discut\u00e9 par Russ Park avec Ingo Pasold et celui-ci versa imm\u00e9diatement 500$ de sa poche pour aider \u00e0 sa r\u00e9alisation. Ce don g\u00e9n\u00e9reux ne couvrait pas toutes les d\u00e9penses, mais aidait \u00e9norm\u00e9ment. Les coffres ont \u00e9t\u00e9 construits \u00e0 partir de vieux dormants de chemin de fer et de tiges de m\u00e9tal obtenues chez un forgeron local. Russ Park assembla le tout lors de deux corv\u00e9es printani\u00e8res. Quelques jours plus tard, une grue de la Dominion Bridge arrivait au club et on proc\u00e9dait en un rien de temps \u00e0 la pose des poutres.<\/p>\n<p>La prochaine \u00e9tape consistait \u00e0 demander \u00e0 Borden Marshall, directeur de la recherche au nouveau laboratoire de la Domtar \u00e0 Salaberry-de-Valleyfield, de traiter \u00e0 la cr\u00e9osote sous pression les planches de bois destin\u00e9es au rev\u00eatement de la chauss\u00e9e. Jacques Daoust se chargea d\u2019apporter le bois au chantier Domtar puis de le rapporter au club, et en peu de temps, le rev\u00eatement \u00e9tait bel et bien clou\u00e9 en place. Il ne restait plus qu\u2019\u00e0 remercier tous ceux qui avaient contribu\u00e9 \u00e0 cette entreprise, en particulier Bob Reid et Ross Chamberlain de Dominion Bridge. Russ Park apprit plus tard que ces deux ing\u00e9nieurs \u00e9taient les experts parmi les plus comp\u00e9tents au pays en construction de ponts. Les membres du club pouvaient faire confiance en leur pont pi\u00e9tonnier ! \u00c0 une date ult\u00e9rieure, l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 du pont touchant \u00e0 terre \u00e9tait d\u00e9plac\u00e9e de quelques pieds vers le nord afin d\u2019am\u00e9liorer l\u2019alignement avec la jet\u00e9e.<\/p>\n<p>C\u2019est avec tout ce travail et cet engouement fanatique que nos \u00ab anc\u00eatres \u00bb nous ont l\u00e9gu\u00e9 une grande partie de cet agr\u00e9able port que nous avons d\u00fb, cependant, recreuser en 1988 pour accommoder les bateaux d\u2019aujourd\u2019hui. Il a fallu poursuivre, comme corollaire, le dragage du chenal d\u2019entr\u00e9e en 1999, pour assurer une place aux voiliers de pr\u00e8s de 1,5 m de tirant d\u2019eau. \u00c0 force de volont\u00e9, d\u2019amour et de pers\u00e9v\u00e9rance, nous continuerons de veiller \u00e0 la bonne conservation de ce lieu unique sur l\u2019\u00eele de Montr\u00e9al.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les 16 premiers \u00abGraduate\u00bb ainsi que les autres d\u00e9riveurs l\u00e9gers \u00e9taient gar\u00e9s sur des pontons, \u00e0 raison de deux bateaux par ponton, dans la zone pr\u00e9sentement r\u00e9serv\u00e9e aux bateaux de l\u2019\u00e9cole de voile des jeunes. Cet arrangement \u00e9tait satisfaisant pour des d\u00e9riveurs l\u00e9gers, mais, vers 1964, il devint \u00e9vident que l\u2019acquisition de quillards n\u00e9cessitait la construction d\u2019un nouveau port. 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